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LABO · L’invisible en mouvement

La respiration cellulaire, pas à pas

Un seul glucose, quatre étapes, une turbine. Voici ce que la simulation montre, ce qui se passe vraiment, et où le modèle triche un peu.

01Ce que tu vois

La scène est une coupe à travers une cellule. À gauche, le cytoplasme. À droite, une mitochondrie délimitée par deux membranes : l'externe et l'interne, séparées par l'espace intermembranaire. L'intérieur est la matrice.

02Ce qui se passe vraiment

Glycolyse. Dans le cytoplasme, le glucose (6 carbones) reçoit deux phosphates, payés par 2 ATP. Ce sucre chargé est coupé en deux molécules à 3 carbones. Chacune est oxydée, c'est-à-dire qu'elle perd des électrons : ils sont captés par un NAD+, qui devient NADH. Elle cède aussi ses phosphates à l'ADP, pour 4 ATP en tout. Bilan net : 2 ATP et 2 NADH, plus deux pyruvates.

Oxydation du pyruvate. Chaque pyruvate traverse la porine, puis un transporteur de la membrane interne. Dans la matrice, l'enzyme pyruvate déshydrogénase retire un carbone (il part en CO2), charge 1 NADH et lie les 2 carbones restants au coenzyme A : c'est l'acétyl-CoA.

Cycle de Krebs. L'acétyl-CoA (2 C) s'ajoute à l'oxaloacétate (4 C) pour donner du citrate (6 C). Le cycle enchaîne huit transformations et retombe sur l'oxaloacétate. Par tour : 3 NADH, 1 FADH2, 1 ATP (ou GTP) et 2 CO2. Le glucose fournit deux acétyl-CoA, donc deux tours. Les 6 carbones du glucose sont alors tous sortis sous forme de CO2.

Chaîne de transport d'électrons. Les 10 NADH et 2 FADH2 déposent leurs électrons sur la chaîne. Ces électrons passent de complexe en complexe, en descendant une pente d'énergie. Cette énergie sert à pomper des H+ de la matrice vers l'espace intermembranaire : 4 au complexe I, 4 au III, 2 au IV. Le FADH2 entre au complexe II, qui ne pompe rien. À la fin, l'O2 accepte les électrons (avec des H+) et devient de l'eau. Sans O2, plus personne ne reprend les électrons : la chaîne se bloque.

ATP synthase. La membrane interne est étanche aux protons. Ils s'accumulent donc d'un côté et « veulent » revenir : c'est un gradient électrochimique. Le seul passage est l'ATP synthase. Chaque proton qui la traverse pousse un anneau de sous-unités c, qui fait tourner une tige. La tige déforme la tête F1, dont les trois sites fabriquent de l'ATP à partir d'ADP et de phosphate : environ 3 ATP par tour.

03Ce que la simulation simplifie

Pourquoi 32 et non 36 ou 38 ? Les anciens manuels comptaient 3 ATP par NADH et 2 par FADH2. Or le NADH fait pomper 10 H+, et il en faut environ 4 par ATP (dont 1 pour importer le phosphate). Cela donne 10/4 = 2,5 ATP par NADH et 6/4 = 1,5 par FADH2. Le compte : 10 × 2,5 + 2 × 1,5 + 4 ATP directs = 32.

04Les chiffres à retenir

05Teste-toi

Pourquoi respire-t-on de l'oxygène si le CO2 vient du glucose ?

L'O2 ne fabrique pas le CO2 : il sert d'accepteur final des électrons, au complexe IV. Sans lui, la chaîne se bloque, le gradient de H+ s'effondre, l'ATP synthase s'arrête et les NADH ne peuvent plus être déchargés. Le CO2 vient des carbones du glucose.

Combien de CO2, de NADH et de FADH2 un glucose donne-t-il avant la chaîne ?

6 CO2 (2 à l'oxydation des pyruvates, 4 dans les deux tours de Krebs), 10 NADH (2 glycolyse, 2 pyruvate, 6 Krebs) et 2 FADH2 (1 par tour).

Que se passerait-il si la membrane interne devenait perméable aux protons ?

Les H+ pompés reviendraient dans la matrice sans passer par l'ATP synthase : le gradient ne tiendrait pas et l'ATP ne serait plus fabriqué. La chaîne continuerait de consommer de l'O2, mais l'énergie serait dissipée en chaleur.

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