LABO · Fondations 17 · 18 · 19

Comprendre la matière, la chaleur et le transport

Une seule boîte de molécules, neuf situations. Température, pression, diffusion, osmose, chaleur : ce sont des moyennes sur un immense nombre de chocs aléatoires. Aucune molécule ne « sait » où aller.

1Ce que tu vois

Les molécules
Des disques en mouvement dont la couleur donne la vitesse : gris-bleu sombre pour les lentes, jaune pour les rapides. L'agitation est de l'énergie.
Les traits et les anneaux qui clignotent
Aux actes I et II, chaque trait jaune sur une paroi marque un choc réellement compté ; à l'acte I, chaque petit anneau blanc marque un choc entre deux molécules. Ce sont ces événements que la page additionne pour obtenir la pression.
Les parois et le piston
Les murs de la boîte repoussent les molécules. Le piston est un mur mobile : on le pousse pour changer le volume.
Le grain brownien
Un gros disque blanc, bien plus lourd que les molécules, avec sa trace. Il est poussé de tous côtés par des chocs qu'on ne voit pas toujours.
La cloison, les molécules A et B
Au départ, la cloison sépare les A (sable) des B (lilas). Une fois retirée, les deux espèces se mélangent.
La bande de profil
Sous la boîte, la concentration (ou la température) le long de l'axe horizontal. Sa pente est le gradient, et la flèche indique le flux net mesuré.
La membrane et son ressort
Une paroi mobile, perméable à l'eau (sable) mais pas au soluté (lilas), retenue par un ressort.
Les parois chaude et froide
Elles imposent leur température aux molécules qui les touchent. L'énergie qu'elles injectent ou retirent est comptée : c'est la chaleur échangée.
L'amas de l'acte VIII
Des molécules qui s'attirent. Les liaisons s'affichent entre voisines proches ; elles disparaissent à mesure que l'amas fond.
Les scènes de convection et de rayonnement
Deux scènes compactes et illustratives : un rouleau de fluide qui monte au chaud et descend au froid, et des « photons » entre un corps chaud et un corps froid.

2La théorie, module par module

Chaque module suit le même plan : l’intuition, les définitions, les relations à connaître, un exemple chiffré, les pièges fréquents, où le module resservira, et quelques questions pour vérifier.

Module 17

Monde microscopique des gaz

Sur la planche : actes I Température · II Pression et volume

Intuition

Un gaz est une foule de molécules qui filent en ligne droite entre deux chocs, à des vitesses très différentes. Rien ne les retient les unes aux autres : elles rebondissent sur les parois et entre elles, sans arrêt. De cette agitation sortent deux grandeurs que l’on mesure sans jamais voir une molécule. La température est l’énergie cinétique moyenne d’agitation ; la pression est l’effet moyen de tous les chocs sur une paroi. Ni l’une ni l’autre n’a de sens pour une seule molécule : ce sont des moyennes sur une population énorme. Un centimètre cube d’air en contient environ 2,5×10¹⁹, et chacune subit plusieurs milliards de chocs par seconde. Les vitesses ne sont pas toutes égales : elles se répartissent autour d’une valeur typique, selon la distribution de Maxwell-Boltzmann. Enfin, comprimer un gaz isolé le réchauffe : le piston qui avance renvoie les molécules plus vite qu’elles ne sont arrivées.

Définitions

Quantité de matière \(n\)mol
Nombre de molécules rapporté à la mole : \(N = n\,N_\mathrm{A}\), avec \(N_\mathrm{A} \approx 6{,}022\times10^{23}\) mol⁻¹.
Constante de Boltzmann \(k\)J/K
Fait le pont entre température et énergie par molécule : \(k = 1{,}381\times10^{-23}\) J/K.
Constante des gaz \(R\)J/(mol·K)
La même chose par mole : \(R = N_\mathrm{A}\,k \approx 8{,}314\) J/(mol·K).
Température absolue \(T\)K
Mesure de l’agitation moyenne, comptée à partir du zéro absolu : \(T(\mathrm{K}) = \theta(^\circ\mathrm{C}) + 273{,}15\).
Pression \(P\)Pa = N/m²
Force moyenne exercée par les chocs, par unité de surface de paroi. En 2D, comme dans la simulation, c’est une force par unité de longueur.
Volume \(V\)m³
Espace accessible aux molécules.
Vitesse quadratique \(v_\mathrm{rms}\)m/s
Racine de la moyenne des carrés des vitesses : \(v_\mathrm{rms} = \sqrt{\langle v^2\rangle}\). Elle dépasse un peu la vitesse moyenne.
Libre parcours moyen \(\ell\)m
Distance moyenne parcourue entre deux chocs successifs.
Gaz idéal
Gaz de molécules ponctuelles qui n’interagissent que par chocs : modèle d’autant meilleur que le gaz est dilué.

Relations clés

\[ \tfrac12\,m\langle v^2\rangle = \tfrac32\,kT \quad (\text{3D}), \qquad \tfrac12\,m\langle v^2\rangle = kT \quad (\text{2D}) \]

La température est l’énergie cinétique moyenne par molécule : \(\tfrac12 kT\) par direction de mouvement. La simulation est en 2D, d’où \(kT = \langle\tfrac12 m v^2\rangle\).

\[ v_\mathrm{rms} = \sqrt{\frac{3kT}{m}} = \sqrt{\frac{3RT}{M}} \]

À température donnée, les molécules légères vont plus vite. Quadrupler \(T\) double la vitesse typique.

\[ PV = NkT = nRT \]

Loi du gaz idéal. En 2D : \(P\,A = NkT\), avec \(A\) l’aire. Elle relie les trois grandeurs \(P\), \(V\), \(T\) : si l’une varie, au moins une autre doit suivre.

\[ P = \frac13\,\frac{N}{V}\,m\langle v^2\rangle = \frac23\,\frac{N}{V}\,\Big\langle \tfrac12 m v^2\Big\rangle \]

Origine cinétique de la pression : plus il y a de molécules par unité de volume, et plus elles sont énergiques, plus la paroi est frappée fort.

\[ f_{2\mathrm{D}}(v) = \frac{m\,v}{kT}\,\mathrm{e}^{-m v^2/2kT}, \qquad f_{3\mathrm{D}}(v) = 4\pi\Big(\frac{m}{2\pi kT}\Big)^{3/2} v^2\,\mathrm{e}^{-m v^2/2kT} \]

Distribution de Maxwell-Boltzmann des vitesses, en 2D (celle de la simulation) puis en 3D. Une bosse : peu de molécules très lentes, peu de très rapides, la majorité autour de la valeur typique. Chauffer décale et étale la bosse.

\[ \ell = \frac{V}{\sqrt2\,\pi\,d^2\,N} \]

Libre parcours moyen pour des molécules de diamètre \(d\) : plus le gaz est dense, plus il est court.

Exemple chiffré

Un mètre cube d’air à \(20\,{}^\circ\mathrm{C}\) (\(T = 293{,}15\) K) et à la pression atmosphérique (\(P = 101\,325\) Pa).

  1. Quantité de matière : \(n = PV/RT = 101\,325 \times 1 / (8{,}314 \times 293{,}15) \approx 41{,}6\) mol.
  2. Nombre de molécules : \(N = n\,N_\mathrm{A} \approx 41{,}6 \times 6{,}022\times10^{23} \approx 2{,}5\times10^{25}\), soit \(2{,}5\times10^{19}\) par cm³. Masse : \(41{,}6 \times 0{,}029 \approx 1{,}2\) kg, la masse volumique bien connue de l’air.
  3. Énergie thermique : \(kT = 1{,}381\times10^{-23} \times 293{,}15 \approx 4{,}05\times10^{-21}\) J. Pour le diazote, \(m \approx 28 \times 1{,}66\times10^{-27} = 4{,}65\times10^{-26}\) kg, donc \(v_\mathrm{rms} = \sqrt{3 \times 4{,}05\times10^{-21} / 4{,}65\times10^{-26}} \approx 511\) m/s (la vitesse moyenne vaut environ 470 m/s).
  4. Avec \(d \approx 3{,}7\times10^{-10}\) m : \(\ell = 1/(\sqrt2\,\pi \times 1{,}37\times10^{-19} \times 2{,}5\times10^{25}) \approx 6{,}6\times10^{-8}\) m, soit environ 66 nm. Chaque molécule subit donc \(470 / 6{,}6\times10^{-8} \approx 7\times10^{9}\) chocs par seconde.
  5. Si l’on comprime ce gaz à température constante jusqu’à \(V = 0{,}5\) m³, \(PV\) reste égal à \(NkT\) : la pression double et vaut 202,65 kPa.

Pièges fréquents

Où ça resservira

Teste-toi

Un pneu est gonflé à 220 kPa (pression absolue) par 20 °C. La nuit, il fait −10 °C. Quelle est la pression, si le volume et le nombre de molécules ne changent pas ?

\(P\) est proportionnelle à \(T\) en kelvins : \(P' = 220 \times 263{,}15 / 293{,}15 \approx 197\) kPa. L’air n’a pas fui : ses molécules, moins rapides, tapent moins souvent et moins fort.

On passe d’une température de 300 K à 1 200 K. Que devient la vitesse quadratique des molécules ?

Elle est proportionnelle à \(\sqrt T\) : le facteur 4 sur \(T\) devient un facteur 2 sur \(v_\mathrm{rms}\). Elle double.

Pourquoi comprimer rapidement un gaz isolé le réchauffe-t-il ?

Une molécule qui rebondit sur un piston qui avance repart plus vite qu’elle n’est arrivée : elle gagne de l’énergie cinétique. En moyenne, l’agitation augmente, donc \(T\) aussi. À l’acte II, avec le thermostat coupé, on le voit directement.

Module 18

Chaleur, phases et entropie

Sur la planche : actes V Pourquoi ça ne revient pas · VII Chaleur et conduction · VIII Changement de phase

Intuition

La chaleur n’est pas une substance qui se trouve dans un corps : c’est de l’énergie en transit, qui passe d’un corps à un autre parce que leurs températures diffèrent. La température, elle, décrit un état. Quand on apporte de l’énergie à une substance, deux issues sont possibles. Soit l’agitation augmente et la température monte ; soit l’énergie sert à défaire les liaisons entre molécules, et la température reste bloquée pendant que la substance change de phase : c’est le palier de la fusion ou de la vaporisation. L’entropie dit pourquoi les échanges ont un sens. Elle compte les configurations microscopiques compatibles avec un état. Les lois du mouvement sont réversibles, et rien n’interdit à des molécules mélangées de se retrier d’elles-mêmes ; mais les états mélangés sont si incomparablement plus nombreux que le retour n’arrive jamais. Oublie « désordre » : pense « nombre de façons de réaliser l’état ».

Définitions

Énergie interne \(U\)J
Somme des énergies cinétiques d’agitation et des énergies potentielles d’interaction des molécules.
Chaleur \(Q\)J
Énergie transférée entre deux systèmes à cause d’une différence de température. Positive si le système la reçoit.
Travail \(W\)J
Énergie transférée par une force qui déplace son point d’application, par exemple un piston. Positif si le système le reçoit.
Capacité thermique \(C\)J/K
Énergie à fournir pour élever la température d’un corps de 1 K : \(C = Q/\Delta T\).
Capacité thermique massique \(c\)J/(kg·K)
La même chose par kilogramme : \(C = mc\). Pour l’eau liquide, \(c \approx 4{,}18\) kJ/(kg·K).
Chaleur latente \(L\)J/kg
Énergie par kilogramme nécessaire pour changer de phase à température constante. Pour l’eau : \(L_\mathrm{fus} = 334\) kJ/kg et \(L_\mathrm{vap} = 2\,260\) kJ/kg.
Configurations \(\Omega\)
Nombre de façons microscopiques de réaliser un même état macroscopique.
Entropie \(S\)J/K
Mesure logarithmique de \(\Omega\) : \(S = k\ln\Omega\).

Relations clés

\[ Q = C\,\Delta T = m\,c\,\Delta T \]

Chauffer sans changer de phase : l’énergie nécessaire est proportionnelle à la masse et à l’écart de température.

\[ Q = m\,L \]

Changer de phase à température constante. Pendant ce palier, l’énergie apportée va à l’énergie potentielle (les liaisons), pas à l’agitation : la température ne bouge pas.

\[ \Delta U = Q + W \]

Premier principe : l’énergie d’un système ne varie que par la chaleur et le travail reçus. L’énergie ne se crée ni ne se perd (module 11).

\[ S = k\ln\Omega, \qquad \Omega(n) = \binom{N}{n} = \frac{N!}{n!\,(N-n)!} \]

Formule de Boltzmann. Pour \(N\) molécules réparties entre la gauche et la droite, \(\Omega(n)\) compte les façons d’en avoir \(n\) à gauche. Le maximum est à \(n = N/2\).

\[ p_\text{retour total} = 2^{-N}, \qquad \Delta S = \frac{Q}{T} \;\;(\text{à } T \text{ constante}) \]

Toutes les molécules du même côté : une configuration sur \(2^N\) équiprobables. Et le lien avec la chaleur : un échange de chaleur \(Q\) à température \(T\) change l’entropie de \(Q/T\) (Clausius).

\[ \Delta S_\text{système isolé} \;\geq\; 0 \]

Deuxième principe : un système isolé évolue vers les macro-états compatibles avec le plus de configurations. C’est une loi statistique, pas une interdiction absolue.

Exemple chiffré

On chauffe 1 kg de glace, de \(-10\,{}^\circ\mathrm{C}\) à de la vapeur à \(110\,{}^\circ\mathrm{C}\), à la pression atmosphérique. Capacités massiques : glace 2,09 kJ/(kg·K), eau 4,18 kJ/(kg·K), vapeur environ 2,0 kJ/(kg·K).

  1. Chauffer la glace de \(-10\) à \(0\,{}^\circ\mathrm{C}\) : \(1 \times 2{,}09 \times 10 \approx 20{,}9\) kJ.
  2. Fondre à \(0\,{}^\circ\mathrm{C}\) : \(1 \times 334 = 334\) kJ, à température constante (premier palier).
  3. Chauffer l’eau de 0 à \(100\,{}^\circ\mathrm{C}\) : \(1 \times 4{,}18 \times 100 = 418\) kJ.
  4. Vaporiser à \(100\,{}^\circ\mathrm{C}\) : \(1 \times 2\,260 = 2\,260\) kJ (second palier).
  5. Chauffer la vapeur de 100 à \(110\,{}^\circ\mathrm{C}\) : \(1 \times 2{,}0 \times 10 = 20\) kJ.
  6. Total : \(20{,}9 + 334 + 418 + 2\,260 + 20 \approx 3\,053\) kJ, soit 3,05 MJ. La vaporisation à elle seule en représente les trois quarts.
  7. Entropie aux paliers : fusion, \(\Delta S = 334\,000 / 273{,}15 \approx 1\,223\) J/K ; vaporisation, \(\Delta S = 2\,260\,000 / 373{,}15 \approx 6\,056\) J/K. Le saut d’entropie à la vaporisation vaut environ cinq fois celui de la fusion : passer en gaz libère bien plus de configurations que passer en liquide.

Pièges fréquents

Où ça resservira

Teste-toi

Quelle énergie faut-il pour chauffer 200 g d’eau de 20 à 100 °C, puis pour la vaporiser entièrement ?

Chauffage : \(0{,}2 \times 4{,}18 \times 80 \approx 66{,}9\) kJ. Vaporisation : \(0{,}2 \times 2\,260 = 452\) kJ, soit près de sept fois plus. Faire bouillir de l’eau coûte bien plus que la chauffer jusqu’à l’ébullition.

Pourquoi l’eau qui bout reste-t-elle à 100 °C malgré le feu ?

L’énergie apportée sert à briser les liaisons entre molécules (chaleur latente de vaporisation, 2 260 kJ/kg) et non à augmenter l’agitation. L’énergie cinétique moyenne ne change pas, donc la température non plus, jusqu’à ce que tout le liquide soit vaporisé.

Dix molécules sont toutes à gauche d’une boîte. Quelle est la probabilité, à un instant donné, de les retrouver toutes à gauche, et pourquoi un mélange ne se « démélange »-t-il jamais ?

\(2^{-10} = 1/1\,024 \approx 0{,}1\,\%\). Avec un nombre réaliste de molécules, \(2^{-N}\) devient astronomiquement faible : les lois du mouvement permettent le démélange, mais les configurations mélangées sont immensément plus nombreuses que les configurations séparées.

Module 19

Transport thermique et moléculaire

Sur la planche : actes III Mouvement brownien · IV Diffusion, gradient, flux · VI Osmose · VII Chaleur et conduction · IX Convection et rayonnement

Intuition

Aucune molécule ne « sait » où aller : chacune fait une marche au hasard, faite de chocs. Pourtant, s’il y en a plus d’un côté que de l’autre, davantage traversent une ligne donnée de la forte vers la faible concentration. Voilà la diffusion : un flux net né du hasard, proportionnel à la pente du profil (le gradient). Pour la chaleur, les molécules rapides du côté chaud transmettent leur énergie à leurs voisines plus lentes : c’est la conduction, du chaud vers le froid. Un gros grain, poussé par des chocs qui ne se compensent jamais exactement, suit lui aussi une marche au hasard : le mouvement brownien. La convection déplace l’énergie avec le fluide lui-même (le chaud, moins dense, monte), et le rayonnement la transporte par des ondes, même dans le vide. L’osmose est la diffusion de l’eau à travers une membrane qui laisse passer l’eau mais pas le soluté.

Définitions

Concentration \(c\)mol/m³
Quantité de matière d’une espèce par unité de volume.
Gradient \(\dd c/\dd x\)mol/m⁴
Pente d’une grandeur le long d’une direction, ici en une dimension ; le cas général relève du module 16.
Flux de matière \(J\)mol/(m²·s)
Matière nette qui traverse une surface unité par seconde.
Coefficient de diffusion \(D\)m²/s
Rapidité de la diffusion. Pour une petite molécule dans l’eau, \(D \approx 10^{-9}\) m²/s.
Flux thermique \(q\)W/m²
Énergie thermique qui traverse une surface unité par seconde.
Conductivité thermique \(\kappa\)W/(m·K)
Aptitude à conduire la chaleur : environ 0,026 pour l’air, 0,6 pour l’eau, 400 pour le cuivre.
Coefficient d’échange \(h\)W/(m²·K)
Pour la convection entre une surface à \(T_\mathrm{s}\) et un fluide à \(T_\mathrm{f}\) : \(q = h\,(T_\mathrm{s} - T_\mathrm{f})\). Ordre de grandeur de 5 à 25 pour l’air calme.
Constante de Stefan-Boltzmann \(\sigma\)W/(m²·K⁴)
\(\sigma = 5{,}67\times10^{-8}\) W·m⁻²·K⁻⁴.
Pression osmotique \(\pi\)Pa
Pression à appliquer côté soluté pour arrêter le flux net d’eau.

Relations clés

\[ q = -\kappa\,\frac{\dd T}{\dd x} \]

Loi de Fourier (1D) : la chaleur va du chaud vers le froid, proportionnellement à la pente de température ; le signe moins dit que le flux va contre le gradient. Dans une plaque d’épaisseur \(L\), \(q = \kappa\,\Delta T/L\).

\[ J = -D\,\frac{\dd c}{\dd x} \]

Loi de Fick (1D) : même forme que Fourier, avec un flux de matière de la forte vers la faible concentration. La version générale est l’objet du module 16.

\[ \langle x^2\rangle = 2\,D\,t, \qquad t \approx \frac{x^2}{2D} \]

Einstein (1905) : le déplacement quadratique moyen croît comme le temps, donc la distance typique comme \(\sqrt t\). En 2D, comme dans la simulation, \(\langle r^2\rangle = 4Dt\). Perrin l’a mesuré en 1908, preuve que les molécules existent.

\[ D = \frac{kT}{6\pi\eta r} \]

Stokes-Einstein, pour une sphère de rayon \(r\) dans un fluide de viscosité \(\eta\) : l’agitation thermique \(kT\) face à la résistance du fluide. Plus le grain est lourd (masse \(M\) contre \(m\) pour une molécule), plus il est lent : sa vitesse typique varie comme \(\sqrt{m/M}\).

\[ P_\mathrm{ray} = \varepsilon\,\sigma\,A\,T^4 \]

Stefan-Boltzmann : puissance rayonnée par une surface \(A\) à la température absolue \(T\) (émissivité \(\varepsilon\) entre 0 et 1, égale à 1 pour un corps noir). Doubler \(T\) multiplie la puissance par 16.

\[ \pi = c\,R\,T \quad (\text{ou } c_\mathrm{s}\,kT \text{ par molécule}) \]

Van ’t Hoff : pour une solution diluée, la pression osmotique est celle qu’aurait le soluté en gaz seul dans le volume. L’équilibre survient quand elle égale la force de rappel (le ressort de la simulation, la paroi d’une cellule végétale).

Exemple chiffré

Dans un verre d’eau à \(20\,{}^\circ\mathrm{C}\), \(\eta \approx 1{,}0\times10^{-3}\) Pa·s.

  1. Une goutte de colorant (\(D \approx 10^{-9}\) m²/s) : sur \(x = 1\) mm, \(t \approx (10^{-3})^2/(2\times10^{-9}) = 500\) s, environ 8 minutes ; sur 1 cm, \(5\times10^{4}\) s, environ 14 heures ; sur 10 cm, \(5\times10^{6}\) s, environ 2 mois : distance ×10, temps ×100.
  2. Un grain de rayon \(r = 0{,}5\) µm : \(D = 4{,}05\times10^{-21} / (6\pi \times 10^{-3} \times 0{,}5\times10^{-6}) \approx 4{,}3\times10^{-13}\) m²/s.
  3. Son déplacement typique selon un axe en 1 s est \(\sqrt{2Dt} = \sqrt{2 \times 4{,}3\times10^{-13} \times 1} \approx 0{,}9\) µm ; en 1 minute, \(\sqrt{2 \times 4{,}3\times10^{-13} \times 60} \approx 7\) µm, soit \(\sqrt{60} \approx 7{,}7\) fois plus seulement.
  4. Rayonnement : une surface noire à 300 K émet \(\sigma T^4 = 5{,}67\times10^{-8} \times 300^4 \approx 459\) W/m². À 600 K : \(16 \times 459 \approx 7\,350\) W/m².
  5. Osmose : une solution à \(c = 300\) mol/m³ (0,30 osmol/L, de l’ordre de celle du sang) à 310 K donne \(\pi = 300 \times 8{,}314 \times 310 \approx 7{,}7\times10^{5}\) Pa, soit environ 7,6 atmosphères.

Pièges fréquents

Où ça resservira

Teste-toi

Un mur de briques de 20 cm (\(\kappa \approx 0{,}7\) W/(m·K)) sépare un intérieur à 20 °C d’un extérieur à 0 °C. Quelle puissance traverse 10 m² de mur en régime permanent ?

\(q = \kappa\,\Delta T / L = 0{,}7 \times 20 / 0{,}2 = 70\) W/m². Sur 10 m² : 700 W. Un isolant dont \(\kappa\) est dix fois plus petit réduit les pertes d’autant.

Un corps noir passe de 300 K à 600 K. De combien sa puissance rayonnée augmente-t-elle ?

Elle est proportionnelle à \(T^4\) : \(2^4 = 16\) fois plus.

Une cellule végétale dans de l’eau pure : que se passe-t-il, et pourquoi ?

L’intérieur contient des solutés, pas l’extérieur. L’eau traverse dans les deux sens, mais le flux net entre dans la cellule, qui gonfle. La paroi joue le rôle du ressort : la pression interne monte jusqu’à égaler la pression osmotique, et la cellule devient turgescente sans éclater.

3Ce que la simulation simplifie

Réellement simulé.

Simplifié.

Illustratif.

La page ne couvre pas la mécanique des fluides, les équations de Navier-Stokes, les champs vectoriels généraux, la divergence ni la thermodynamique formelle.

4Les chiffres à retenir

≈ 2,7×10¹⁹molécules par cm³ d'air, dans les conditions normales.
≈ 450 à 500 m/svitesse typique d'une molécule de O₂ ou de N₂ à 20 °C (moyenne ≈ 440 à 470 m/s, quadratique ≈ 480 à 510 m/s).
≈ 70 nmlibre parcours moyen dans l'air : la distance entre deux chocs successifs.
10⁹ à 10¹⁰ /scollisions par seconde subies par chaque molécule (environ 500 m/s divisés par 70 nm).
≈ 10⁻⁹ m²/scoefficient de diffusion d'une petite molécule dans l'eau. Avec t ≈ x²/2D : environ 8 minutes pour 1 mm, environ 2 mois pour 10 cm. La diffusion est rapide sur de courtes distances et très lente sur de longues.

5Seulement introduit ici

Dans un liquide réel, l’osmose fait intervenir des interactions eau-soluté ; la loi de van ’t Hoff reste valable pour les solutions diluées.

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