LABO · Fondations 06 · 14 · 15
Comprendre les oscillations et les ondes
Cette planche ne montre pas un phénomène : elle montre un langage. Un cycle, une phase, un oscillateur, une onde. Les mêmes outils décrivent un ressort, une corde de guitare et la lumière, et tu les manipules ici sur dix paillasses qui gardent le même cadran, le même oscilloscope et les mêmes mesures.
Les nombres soulignés se règlent en les faisant glisser ou avec les flèches du clavier. Les termes pointillés ouvrent leur définition. Manipule les scènes, puis réponds aux questions avant de lire leur correction.
1Ce que tu vois
2La théorie, module par module
Chaque module suit le même plan : l’intuition, les définitions, les relations à connaître, un exemple chiffré, les pièges fréquents, où le module resservira, et quelques questions pour vérifier.
Module 06
Sinusoïdes, cycles et phase
Sur la planche : étapes A1 Un cycle · A2 Déphasage
Intuition
Tout ce qui revient à l’identique, encore et encore, se décrit par un cycle : un point sur une roue, la marée, la tension du secteur, une corde qui vibre. Le cycle le plus simple est celui d’un point qui tourne à vitesse constante sur un cercle. Sa hauteur, tracée dans le temps, dessine une sinusoïde. Retenir le cercle plutôt que la courbe est le bon réflexe : la phase n’est qu’un angle sur ce cercle, et un déphasage, l’écart entre deux points qui tournent ensemble. Pourquoi le sinus plutôt qu’une autre forme ? Parce que c’est la réponse naturelle de tout système rappelé vers son équilibre par une force proportionnelle à l’écart (module 14), et parce que toute forme périodique se décompose en sinus (module 09). Apprendre à lire un sinus, c’est apprendre à lire une bonne part de la physique.
Définitions
- Amplitude \(A\)
- Écart maximal à la position de repos. Même unité que la grandeur qui oscille.
- Période \(T\)s
- Durée d’un cycle complet.
- Fréquence \(f\)Hz
- Nombre de cycles par seconde : \(f = 1/T\).
- Pulsation \(\omega\)rad/s
- Vitesse angulaire du point sur le cercle : \(\omega = 2\pi f\).
- Phase \(\varphi(t)\)rad ou °
- Position dans le cycle à l’instant \(t\) : \(\varphi(t) = \omega t + \varphi_0\). Un tour complet vaut \(2\pi\) rad, soit 360°.
- Déphasage \(\Delta\varphi\)
- Écart de phase entre deux oscillations de même fréquence. À 90°, elles sont en quadrature ; à 180°, en opposition de phase.
- Radianrad
- Angle qui intercepte sur le cercle un arc égal au rayon. Un tour vaut \(2\pi \approx 6{,}28\) rad. C’est l’unité naturelle des formules : avec elle, la vitesse du point vaut simplement \(A\omega\).
- Valeur efficace \(y_{\text{eff}}\)
- Pour une grandeur sinusoïdale, \(A/\sqrt2\) : la valeur constante qui produirait la même puissance moyenne (module 22).
Relations clés
La sinusoïde est la projection du point qui tourne. Tout le reste en découle.
À toi : règle le rythme
Fréquence , amplitude .
T = 1/f = s ; ω = 2πf = rad/s.
La courbe montre y(t) pendant quatre secondes, avec une phase initiale nulle.
Un déphasage est un décalage dans le temps, mesuré en fraction de période : 90° de retard, c’est un quart de période.
À f = 0,50 Hz, combien de secondes représentent 90° de déphasage ?
Un quart de T = 2 s : Δt = 0,50 s.
La vitesse est elle-même une sinusoïde, en avance de 90° et d’amplitude \(A\omega\) : elle est maximale quand \(y\) passe par zéro, nulle aux extrêmes (module 03).
Deux sinusoïdes de même fréquence donnent encore une sinusoïde de même fréquence : on met les flèches tournantes bout à bout. Amplitude \(2A\) en phase, nulle en opposition (étape A2).
À toi : additionne deux oscillations
Chaque signal a une amplitude et une fréquence de 0,50 Hz. Déphasage .
Amplitude de la somme : u.a. ; décalage Δt = s.
La courbe est la somme instantanée : retrouve l’annulation à 180°.
Sur un cycle complet, un sinus est autant positif que négatif : sa moyenne est nulle. Son carré ne l’est jamais, et sa moyenne vaut \(A^2/2\). C’est pour cela qu’une tension alternative se caractérise par sa valeur efficace.
Exemple chiffré
Le réseau électrique nord-américain oscille à \(f = 60\) Hz.
- Période : \(T = 1/60 \approx 16{,}7\) ms ; pulsation : \(\omega = 2\pi \cdot 60 \approx 377\) rad/s.
- En triphasé, les trois tensions sont décalées de 120°, soit \(\Delta t = \tfrac{120}{360}\,T = T/3 \approx 5{,}6\) ms.
- Une tension de crête \(A = 170\) V varie au plus vite au passage par zéro, à \(A\omega \approx 170 \times 377 \approx 6{,}4 \times 10^4\) V/s.
- Cette crête de 170 V correspond à \(170/\sqrt2 \approx 120\) V efficaces : c’est la valeur inscrite sur les appareils.
- Entre deux phases décalées de 120°, la tension est la différence de deux sinusoïdes : son amplitude vaut \(2A\sin 60° = \sqrt3\,A\). D’où les \(\sqrt3 \times 120 \approx 208\) V entre deux phases d’un bâtiment commercial alimenté en 120/208 V.
Pièges fréquents
- Confondre fréquence et pulsation : \(\omega = 2\pi f\). Un facteur \(2\pi \approx 6{,}3\) se perd très vite.
- Calculer un sinus en degrés alors que la formule attend des radians, ou l’inverse.
- Prendre la phase pour une durée : un déphasage de 90° ne dit rien en secondes tant qu’on ne connaît pas \(T\).
- Oublier qu’un déphasage de 360° revient à aucun déphasage : la phase se lit modulo un tour.
- Lire l’écart crête-à-crête comme l’amplitude : il vaut \(2A\).
- Additionner les amplitudes de deux signaux déphasés : 3 V et 4 V en quadrature donnent \(\sqrt{3^2 + 4^2} = 5\) V, pas 7 V.
Où ça resservira
- 14La solution d’un oscillateur sans frottement est exactement cette sinusoïde.
- 15Une onde, c’est une phase qui dépend aussi de la position : \(kx - \omega t\).
- 09Fourier décompose presque tout signal en une somme de sinusoïdes.
- 22Courant alternatif et circuits RLC : tensions et courants déphasés.
- 24Une onde lumineuse est un champ électrique qui oscille sinusoïdalement, autour de \(5 \times 10^{14}\) Hz pour la lumière visible.
- 48La phase quantique est un angle du même genre, porté par une amplitude complexe.
Teste-toi
Une oscillation a une fréquence de 2 Hz. Que valent sa période et sa pulsation ?
- T = 2 s ; ω ≈ 3,14 rad/s
- T = 0,50 s ; ω ≈ 12,6 rad/s
- T = 0,50 s ; ω = 2 rad/s
\(T = 1/f = 0{,}5\) s et \(\omega = 2\pi f = 4\pi \approx 12{,}6\) rad/s.
Deux signaux de 50 Hz sont décalés de 5 ms. Quel est leur déphasage ?
\(T = 20\) ms, donc 5 ms est un quart de période : \(\Delta\varphi = 90°\), soit \(\pi/2\) rad. Ils sont en quadrature.
À quel endroit du cycle la vitesse du point est-elle maximale ?
- Au passage par la position de repos
- À l’écart maximal
- La vitesse est constante
Au passage par la position de repos (\(y = 0\)) : la dérivée est en \(\cos\), maximale quand le \(\sin\) est nul. Aux extrêmes, la vitesse est nulle.
Module 14
Oscillateurs et résonance
Sur la planche : étapes B1 Échange · B2 Pertes · B3 Résonance
Intuition
Un système oscille quand deux choses sont réunies : une force qui le ramène vers l’équilibre, et une inertie qui l’emporte au-delà. La masse au bout d’un ressort en est le modèle : elle repasse par le repos à pleine vitesse, dépasse, est freinée, repart. Son énergie passe sans cesse d’un réservoir à l’autre, du ressort comprimé (potentielle) à la masse en mouvement (cinétique). Un frottement vide peu à peu les réservoirs ; une poussée périodique peut les remplir, surtout si elle arrive au bon rythme : c’est la résonance. Le même schéma revient partout où une grandeur est rappelée vers l’équilibre par une force proportionnelle à l’écart : pendule aux petits angles, molécule qui vibre, circuit électrique, immeuble qui oscille sous le vent.
Définitions
- Raideur \(k\)N/m
- Force de rappel par mètre d’allongement du ressort.
- Pulsation propre \(\omega_0\)rad/s
- Rythme naturel de l’oscillateur sans frottement : \(\omega_0 = \sqrt{k/m}\).
- Frottement \(b\)kg/s
- Coefficient d’une force de frottement proportionnelle à la vitesse, \(-b\,v\).
- Amortissement \(\beta\)s⁻¹
- \(\beta = b/2m\) : l’amplitude décroît comme \(\mathrm{e}^{-\beta t}\).
- Facteur de qualité \(Q\)
- \(Q = \omega_0/2\beta\) : grand quand les pertes sont faibles. Il fixe la finesse de la résonance.
- Forçage \(\Omega\)rad/s
- Pulsation de la poussée périodique \(F_0\cos(\Omega t)\) imposée de l’extérieur.
- Régimes
- Selon \(\beta\) comparé à \(\omega_0\) : pseudo-périodique (\(\beta \lt \omega_0\), oscille en s’amortissant), critique (\(\beta = \omega_0\), retour le plus rapide sans dépasser), apériodique (\(\beta \gt \omega_0\), retour lent sans osciller).
Relations clés
Loi de Hooke : la force de rappel est proportionnelle au déplacement et de sens opposé. C’est elle qui rend l’oscillation sinusoïdale.
À toi : change le rythme propre
Masse , raideur .
ω₀ = √(k/m) = rad/s ; f₀ = Hz ; T₀ = s.
Deuxième loi de Newton (module 10) appliquée à la masse : inertie, frottement, rappel, poussée.
Sans frottement ni poussée : un sinus à la pulsation propre, et une énergie totale constante qui s’échange deux fois par période.
Pour un petit angle, \(\sin\theta \approx \theta\) et le pendule devient un oscillateur harmonique : sa période ne dépend ni de la masse ni de l’amplitude. À 30°, l’écart à cette formule n’est encore que de 1,7 %.
Avec un frottement faible (\(\beta \lt \omega_0\)) : l’oscillation continue, un peu plus lente, sous une enveloppe exponentielle (module 05).
À toi : suis l’enveloppe
Amplitude initiale , amortissement , durée .
Enveloppe A₀e−βt = cm.
Le tracé est le facteur exponentiel de l’enveloppe, pour t de 0 à 10 s ; la position continue d’osciller à l’intérieur.
Régime permanent forcé : l’amplitude culmine près de \(\Omega = \omega_0\) ; le pic est d’autant plus haut et étroit que \(Q\) est grand. Le retard de la masse sur la force passe de 0° (forçage lent) à 90° (résonance) puis 180° (forçage rapide).
À toi : parcours la résonance
m = 0,50 kg, k = 20 N/m, F₀ = 0,20 N ; rapport Ω/ω₀ = , β = .
Amplitude permanente = m ; Q = .
Le graphe donne l’amplitude permanente en fonction de Ω/ω₀. Le point suit le rapport choisi.
Sans frottement, où la vitesse de la masse est-elle maximale ?
- Aux extrêmes
- À la position de repos
- Elle est constante
À x = 0, Ep = 0 : toute l’énergie mécanique est cinétique.
Exemple chiffré
Une masse \(m = 0{,}5\) kg au bout d’un ressort \(k = 200\) N/m, lâchée à \(A = 5\) cm.
- \(\omega_0 = \sqrt{200/0{,}5} = 20\) rad/s, donc \(f_0 = 20/2\pi \approx 3{,}2\) Hz et \(T \approx 0{,}31\) s.
- Énergie : \(E = \tfrac12 \cdot 200 \cdot 0{,}05^2 = 0{,}25\) J. Vitesse maximale : \(v_{\max} = \omega_0 A = 1\) m/s, et l’on vérifie \(\tfrac12 \cdot 0{,}5 \cdot 1^2 = 0{,}25\) J.
- Avec \(b = 0{,}4\) kg/s : \(\beta = 0{,}4\) s⁻¹ et \(Q = 20/0{,}8 = 25\). L’amplitude est divisée par \(\mathrm{e}\) en \(1/\beta = 2{,}5\) s, soit environ \(Q/\pi \approx 8\) oscillations.
- Un pendule de 1 m : \(\omega_0 = \sqrt{9{,}81/1} \approx 3{,}13\) rad/s, donc \(T \approx 2{,}0\) s. C’est la « seconde battante » des horloges de parquet : un aller en une seconde.
Pièges fréquents
- Croire que la fréquence dépend de l’amplitude. Pour un oscillateur harmonique, non : c’est ce qui fait les bonnes horloges. Mais ce n’est vrai que dans le domaine linéaire (petits allongements, petits angles d’un pendule).
- Penser qu’à la résonance la force pousse quand la masse est au plus loin. Elle est en phase avec la vitesse, pas avec la position : déphasage de 90°.
- Croire que l’amplitude à la résonance devient infinie. Elle se stabilise quand l’amortissement retire, à chaque cycle, autant d’énergie que la force en apporte.
- Dire que le frottement « détruit » l’énergie : il la convertit en chaleur.
- Oublier le sur-amortissement : si \(\beta \gt \omega_0\), la masse revient au repos sans osciller.
- Croire que le meilleur amortisseur est le plus fort : au-delà du régime critique, le retour au repos ralentit. Une suspension de voiture vise le voisinage du critique.
Où ça resservira
- 22Circuit RLC : même équation, avec \(L \leftrightarrow m\), \(1/C \leftrightarrow k\) et \(R \leftrightarrow b\).
- 15Une onde stationnaire est la résonance d’une onde qui fait des allers-retours.
- 08Hors du domaine linéaire (pendule à grand angle), la période change : premier pas vers la non-linéarité.
- 49L’oscillateur harmonique quantique a des niveaux d’énergie régulièrement espacés.
Teste-toi
Si on quadruple la masse sans toucher au ressort, que devient la fréquence propre ?
- Elle double
- Elle est divisée par deux
- Elle reste constante
Elle est divisée par deux : \(f_0 = \frac{1}{2\pi}\sqrt{k/m}\) et \(\sqrt{4} = 2\). Un oscillateur plus lourd est plus lent.
Un diapason à 440 Hz a un facteur de qualité de 10⁴. Combien de temps faut-il pour que son amplitude soit divisée par e ?
Environ \(Q/\pi \approx 3\,200\) oscillations, soit \(3\,200/440 \approx 7\) s. C’est pour cela qu’un diapason sonne longtemps.
Pourquoi l’amplitude à la résonance reste-t-elle finie ?
- L’énergie injectée disparaît
- La force finit par s’arrêter
- Les pertes compensent l’apport à chaque cycle
Parce que les pertes grandissent avec la vitesse : à grande amplitude, le frottement retire par cycle exactement l’énergie que la force apporte. Plus \(Q\) est grand, plus cet équilibre est atteint haut.
Module 15
Ondes
Sur la planche : étapes C1 Impulsion · C2 Onde · D1 Somme · D2 Modes · D3 Doppler
Intuition
Une onde transporte une perturbation et de l’énergie, pas de la matière. Sur une corde, chaque perle monte et descend sur place, comme un oscillateur du module 14, mais avec un retard qui grandit avec la distance : la phase dépend à la fois du temps et de la position. Deux ondes qui se croisent s’additionnent puis repartent intactes ; une onde qui se réfléchit sur elle-même peut former une figure immobile, l’onde stationnaire. Il en existe deux grandes familles : les ondes transversales, où le milieu bouge perpendiculairement à la propagation (corde, lumière), et les ondes longitudinales, où il bouge dans le même sens (son dans l’air, fait de compressions et de détentes).
Définitions
- Célérité \(c\)m/s
- Vitesse à laquelle la perturbation avance. Elle dépend du milieu, pas de la source.
- Longueur d’onde \(\lambda\)m
- Distance entre deux points dans le même état de vibration, à un instant donné.
- Nombre d’onde \(k\)rad/m
- \(k = 2\pi/\lambda\) : l’équivalent spatial de la pulsation.
- Superposition
- Le déplacement total est la somme des déplacements de chaque onde.
- Nœud, ventre
- Dans une onde stationnaire : points immobiles (nœuds), points d’amplitude maximale (ventres).
- Mode \(n\)
- Une des façons de vibrer qu’autorisent les bords ; le mode \(n\) compte \(n\) ventres.
- Intensité \(I\)W/m²
- Puissance transportée par l’onde à travers un mètre carré perpendiculaire à sa direction.
- Transversale, longitudinale
- Selon que le milieu vibre perpendiculairement à la propagation, ou dans sa direction.
Relations clés
Onde progressive vers les \(x\) croissants. En un point fixe, on retrouve le sinus du module 06 ; à un instant fixé, une sinusoïde dans l’espace.
À toi : espace les crêtes
Célérité , fréquence .
λ = c/f = m ; k = 2π/λ = rad/m.
Profil à un instant fixé, amplitude 1 u.a., sur deux longueurs d’onde.
Équation d’onde d’une corde tendue (tension \(T\), masse linéique \(\mu\)), valable aux petits angles. Elle est linéaire : c’est ce qui permet la superposition.
Deux ondes de même amplitude et de même fréquence : interférence constructive à \(\Delta\varphi = 0\) (amplitude \(2A\)), destructive à \(\Delta\varphi = 180°\) (amplitude nulle).
Une onde et son retour forment une onde stationnaire. Sur une corde fixée aux deux bouts, seuls les modes de fréquence \(f_n\) tiennent ; deux nœuds voisins sont à \(\lambda/2\).
À toi : choisis un mode
Pour c = 0,50 m/s et L = 1 m, mode .
fₙ = nc/(2L) = Hz ; λₙ = 2L/n = m ; espacement des nœuds = m.
Forme d’un mode idéal au maximum de son écart, en unités arbitraires.
Effet Doppler pour une source qui avance à \(v_s\) dans un milieu au repos, observateur immobile : les fronts se tassent devant, s’étirent derrière.
À toi : écoute la source mobile
Source à , rapport vₛ/c = .
Devant : Hz ; derrière : Hz.
Milieu au repos, observateurs immobiles et source plus lente que l’onde.
Pour c = 0,50 m/s et f = 2 Hz, quelle est λ ?
λ = c/f = 0,50/2 = 0,25 m.
L’énergie d’une onde va comme le carré de l’amplitude : doubler l’amplitude quadruple l’intensité. Depuis une source ponctuelle de puissance \(P\), cette puissance s’étale sur une sphère : à deux fois la distance, quatre fois moins d’intensité.
Exemple chiffré
Une corde de guitare de longueur vibrante \(L = 0{,}65\) m joue un la à \(f_1 = 110\) Hz.
- Vitesse de l’onde sur la corde : \(c = 2Lf_1 = 2 \times 0{,}65 \times 110 = 143\) m/s ; longueur d’onde du mode 1 : \(\lambda_1 = 2L = 1{,}30\) m.
- Le troisième mode vibre à \(f_3 = 3f_1 = 330\) Hz, avec deux nœuds intermédiaires.
- Dans l’air, ce son a une longueur d’onde \(\lambda = 343/110 \approx 3{,}1\) m : même fréquence, autre milieu, autre \(\lambda\).
- Doppler : une sirène de 700 Hz sur un véhicule à 30 m/s s’entend à \(700/(1 - 30/343) \approx 767\) Hz quand il approche, \(700/(1 + 30/343) \approx 644\) Hz quand il s’éloigne.
- Intensité : à 2 m d’un haut-parleur, on reçoit quatre fois moins qu’à 1 m, soit environ 6 dB de moins (\(10\log_{10}4 \approx 6\)).
Pièges fréquents
- Confondre la célérité \(c\) de l’onde et la vitesse des perles, \(\partial y/\partial t\) : la forme avance, la matière oscille sur place.
- Croire qu’une fréquence plus haute va plus vite. Dans un milieu non dispersif, \(c\) est fixée par le milieu ; c’est \(\lambda\) qui raccourcit.
- Oublier qu’une extrémité fixe renvoie l’onde inversée, une extrémité libre sans inversion.
- Croire que deux ondes qui s’annulent détruisent de l’énergie : elle se retrouve ailleurs (franges claires) ou n’a jamais été injectée.
- Penser que la source change de fréquence dans l’effet Doppler : elle émet toujours \(f\) ; c’est la fréquence reçue qui change.
- Croire que le son transporte l’air de la source à l’oreille : chaque molécule oscille sur place, de bien moins d’un millimètre ; seule la perturbation voyage.
Où ça resservira
- 05La planche Ondes et interférences fait la même addition en deux dimensions.
- 24La lumière obéit à la même équation d’onde, avec \(c = 1/\sqrt{\mu_0\varepsilon_0}\).
- 25Optique : diffraction et interférences lumineuses.
- 09Fourier : un son complexe est une somme de modes.
- 49Les états stationnaires d’une particule dans une boîte ressemblent aux modes d’une corde.
- 45Le décalage vers le rouge des galaxies, cousin du Doppler.
Teste-toi
À 180°, la corde de D1 ne bouge plus. Où est passée l’énergie des deux ondes ?
- La corde stocke une énergie cachée
- La corde est au repos : le travail des deux excitations s’annule
- L’énergie mécanique a été transformée en chaleur
Il n’y en a pas : deux ondes identiques en opposition de phase, qui vont dans le même sens sur la même corde, font exactement une corde au repos. Si deux mains au même bout essayaient de les produire, chacune annulerait le travail de l’autre. Avec deux sources séparées dans l’espace (planche 05), l’énergie se redistribue vers les franges claires.
Sur la même corde, on divise la fréquence par deux. Que deviennent \(c\) et \(\lambda\) ?
- c et λ sont divisées par deux
- c reste la même et λ double
- c double et λ reste la même
\(c\) ne change pas (il dépend de la tension et de la masse linéique) ; \(\lambda = c/f\) double.
Une source de 1 Hz avance à \(v_s = 0{,}5\,c\). Quelle fréquence mesure un observateur devant, puis derrière ?
- Devant : 2 Hz ; derrière : environ 0,67 Hz
- Devant : 0,50 Hz ; derrière : 1,50 Hz
- Les deux reçoivent 1 Hz
Devant : \(1/(1 - 0{,}5) = 2\) Hz. Derrière : \(1/(1 + 0{,}5) \approx 0{,}67\) Hz. La source émet toujours à 1 Hz.
3Ce que la simulation simplifie
- Ressort idéal : sans masse, parfaitement linéaire, valable pour de petits déplacements (approximation harmonique). Un vrai ressort trop étiré cesse d'obéir à Hooke.
- Frottement visqueux : force exactement proportionnelle à la vitesse. Le frottement sec et la traînée de l'air se comportent autrement.
- Corde très lâche : c = 0,5 m/s pour qu'on voie la forme avancer, filmée au ralenti. Une vraie corde de guitare est plusieurs centaines de fois plus rapide.
- Petits angles, tension uniforme, pas de raideur : sinon les ondes se déforment (dispersion).
- Schéma numérique : 200 segments avec un nombre de Courant égal à 1. À cette valeur précise, le schéma est exact pour l'équation sans amortissement : aucune dispersion numérique. Avec l'amortissement de D2, c'est une très bonne approximation.
- Amortissement de la corde : seulement en D2 (γ = 0,1 s⁻¹), pour que la résonance ait une hauteur finie.
- D1 est analytique : deux ondes parfaites, sans bords. Aucune simulation numérique n'y tourne.
- Doppler : milieu au repos, source mobile, observateurs fixes, v < c.
- Illustratif : les lueurs, la traîne du portrait de phase et les fondus entre étapes n'ont pas de contrepartie physique.
4Les chiffres à retenir
5Seulement introduit ici
Ces notions ne sont qu'effleurées et méritent leur propre étude : le sur-amortissement (si β dépasse ω₀, la masse revient sans osciller), la dispersion, les ondes en deux et trois dimensions, le Doppler avec observateur mobile, le mur du son et l'analyse de Fourier.
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